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Villages antiques du Nord de la Syrie

Situés au nord-ouest de la Syrie, une quarantaine de villages, regroupés au sein de huit parcs, offrent un témoignage remarquable des modes de vie ruraux et villageois de l'Antiquité tardive et de l'époque byzantine. Abandonnés au cours des VIII-Xe siècles, ces villages, qui datent du Ier au VIIe siècles, offrent un paysage et des vestiges particulièrement bien conservés : maisons d'habitation, temples païens, églises, citernes collectives, thermes, etc. Ces paysages culturels reliques constituent une illustration importante de la transition entre le monde antique païen de l'Empire romain et le christianisme byzantin. Les vestiges témoignant des techniques hydrauliques, des murets de protection et du parcellaire romain nous montrent à quel point les habitants maîtrisaient la production agricole.

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Source : UNESCO - Kfeir © Simone Ricca-►http://whc.unesco.org/en/list/1348

Le Massif calcaire du nord-ouest syrien couvre une superficie d'environ 5 500 kilomètres carrés, avec environ 150 kilomètres de longueur du nord au sud et entre 40 et 50 kilomètres de largeur d'est en ouest. Il est bordé au nord par la vallée de l'Afrin et au sud par l'Oronte.

Au début de la période byzantine, on retrouve des centaines de pressoir à huile dans les villages, témoignant de l'importance dans l'économie de l'huile d'olive.

Les habitants étaient des propriétaires terriens, des fermiers ou des travailleurs agricoles. Les seigneurs féodaux vivaient souvent en ville, leurs propriétés agricoles (Epoikia) étant situées majoritairement à proximité des grandes villes et exploitées par des fermiers dépendants. Alors que les Kornai étaient des villages se trouvant plutôt dans l'arrière-pays et dont les terres étaient cultivées par des fermiers libres qui payaient des impôts

Fichier: Barisha, oil1.jpg

Pressoir à arbre à Barisha. Les olives sont écrasées dans le grand bassin. La pierre verticale de droite servait à accueillir la poutre en bois qui, avec des poids en pierre, était abaissée pour presser la pâte d'olive dans l'orifice circulaire à gauche.

By Bertramz CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Le bon état de conservation des villages a suscité l'étonnement et un intérêt croissant au xixe siècle. En 1903, le théologien américain Thomas Joseph Shanan parle, dans un chapitre concernant l'histoire du christianisme primitif, d'«Une Pompéi chrétienne »Plusieurs théories ont été avancées sur l'abandon et l'émigration complète de la population des villages au Xème siècle, notamment  que la demande en huile ait pu décliner, à cause du remplacement de l'huile par la cire en tant que combustible ou alors que le déclin économique démarre dès le VIIème siècle quand le commerce vers l'ouest est interrompu par l'occupation perse. La plupart de l'huile d'olive était jusqu'alors amenée à Antioche avant d'être exportée sur toute la Méditerranée.

Fichier: Serjilla 01.jpgRuines du village de Serjilla.

By Bernard Gagnon (Propre travail) CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

 

Date de dernière mise à jour : 01/09/2019