Grande Mosquée de Kairouan

La Grande Mosquée de Kairouan (arabe : الجامع الكبير بالقيروان), également appelée mosquée Oqba Ibn Nafi (arabe : جامع عقبة بن نافع) en souvenir de son fondateur Oqba Ibn Nafi, est l’une des principales mosquées de Tunisie située à Kairouan. Historiquement première métropole musulmane du Maghreb, elle est aussi parfois considérée comme la quatrième ville sainte de l’islam sunnite.

Située, en position excentrée, dans la partie nord-est de la médina de Kairouan, la Grande Mosquée est implantée dans le quartier intra-muros de Houmat al-Jâmi (littéralement « quartier de la Grande Mosquée »).

Grande Mosquée de Kairouan, vue d'ensemble

« Grande Mosquée de Kairouan, vue d'ensemble »  -  Sous licence CC BY-SA 2.0 

 

 

Vue aérienne de la Grande Mosquée de Kairouan, Tunisie

Vue aérienne de la mosquée.

Histoire

Lors de la fondation de Kairouan en 670, le général et conquérant arabe Oqba Ibn Nafi (lui-même fondateur de la ville) choisit l’emplacement de sa mosquée au centre de la cité, à proximité du siège du gouverneur. Ce lieu de culte initial est élevé entre 670 et 67546,47. Peu de temps après sa construction, la mosquée ne semble pas avoir souffert, entre 683 et 686, durant l’occupation éphémère de Kairouan par les Berbères menés par Kusayla. Par la suite, elle est reconstruite par le général ghassanide Hassan Ibn Numan en 703.

 En 774, une nouvelle reconstruction accompagnée de remaniements et d’embellissements57, a lieu sous la direction du gouverneur abbasside Yazid Ibn Hâtim.

Sous le règne des souverains aghlabides, Kairouan est à son apogée et la mosquée profite de cette période de calme et de prospérité. En 836, Ziadet Allah Ier (817-838) fait reconstruire à nouveau la mosquée : c’est à cette époque que l’édifice acquiert, au moins dans sa globalité, l’aspect qu’on lui connaît aujourd’hui. Cette campagne comprend, entre autres, la réédification de la salle de prière, qui compte désormais dix-sept nefs, ainsi que l’érection de la coupole côtelée sur trompes en coquille du mihrab.

Vers 862-863, Aboul Ibrahim (856-863) agrandit la salle de prière en prolongeant les dix-sept nefs de quatre travées supplémentaires vers le nord. Il fait précéder cette dernière d’un portique (le portique sud de la cour) d’une profondeur de deux travées, et lui ajoute une coupole le surmontant en son milieu67. Par ailleurs, Aboul Ibrahim contribue notablement à l’embellissement de la mosquée en la dotant d’un remarquable minbar en bois finement sculpté et en faisant redécorer le mihrab avec l’emploi, notamment, de carreaux de céramique à reflets métalliques. En 875, Ibrahim II construit encore, aux dépens de la cour, les autres portiques ; celle-ci est amputée sur les trois côtés nord, est et ouest par des galeries doubles. Cette dernière phase de travaux ne fait pas l’unanimité, car la construction de l’ensemble des portiques encadrant la cour est également attribuée à Aboul Ibrahim.

 

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Vue de la Grande Mosquée de Kairouan au début du xxe siècle.See page for author [<font><font>Domaine public </font></font>], via Wikimedia Commons

L’état actuel de la mosquée remonte donc au ixe siècle, au règne des Aghlabides, à l’exception de quelques restaurations partielles et de quelques adjonctions postérieures effectuées vers la fin du premier quart du xie siècle sous la domination des Zirides, en 1248 et 1293-1294 sous le règne des Hafsides, en 1618 à l’époque des beys mouradites, au xviiie siècle ainsi qu’au premier tiers du xixe siècle durant la période des beys husseinites, à la fin du xixe siècle et au début du xxe siècle. Au cours du xxe siècle, plusieurs actions de conservation et de restauration sont effectuées, d’abord entre 1910 et 1920 par le Service des antiquités et des arts de la RégenceN , puis lors de la première moitié des années 1960, notamment, en 1964-1965 par la direction des monuments historiques de l’Institut national d’archéologie et d’art.
En 1967, des travaux de restauration de grande ampleur, étalés sur cinq ans, sont lancés sur l’ensemble du monument. Ces derniers, menés par la direction des monuments historiques de l’Institut national d’archéologie et d’art avec la collaboration des architectes italiens Riccardo Gizdulich et Paolo Donati, s’achèvent par une réouverture officielle de la mosquée, en présence de Habib Bourguiba, premier président de la République tunisienne, et de son homologue algérien Houari Boumédiène, lors de la célébration du Mouled de l’année 1972. L’édifice connaît, au milieu des années 1980, des travaux complémentaires de restauration qui concernent essentiellement les murs extérieurs et leurs contreforts, les plafonds de la salle de prière, ainsi que le minaret.

 

Minbar de la Grande Mosquée de Kairouan ; cette chaire du ixe siècle, protégée par un panneau de verre, se trouve à son emplacement d'origine dans la salle de prière et elle est toujours utilisée pour le sermon du vendredi.

 

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Date de dernière mise à jour : 05/07/2021