Bassin minier du Nord-Pas-de-Calais

 Le bassin minier du Nord-Pas-de-Calaisnote est un territoire de la région française du Nord-Pas-de-Calais marqué économiquement, socialement, paysagèrement, écologiquement et culturellement par l'exploitation intensive de la houille, daté du Stéphanien, présente dans son sous-sol de la fin du xviie siècle jusqu'à la fin du xxe siècle. Il s'agit de la partie occidentale d'un gisement qui se prolonge au-delà de la frontière franco-belge.

Localisation
Le bassin minier s'étend sur 1 200 km2 dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais, soit 9,5 % de la superficie de la région française du Nord-Pas-de-Calais. Il accueille à la fin des années 1980 un million deux-cent mille habitants, soit 31 % de la population régionale. Cent-mille kilomètres de galeries et huit-cent-quatre-vingt-cinq puits environ ont été entrepris en trois cent ans d'histoire.

Les gisements houillers les plus proches sont le bassin houiller du Boulonnais à l'ouest (parfois associé), le bassin houiller Belge au nord-ouest (continuité), le bassin houiller lorrain et sarrois au sud-ouest ainsi que les bassins houillers de Littry et de Le Plessis-Lastelle au sud-ouest.

 

The mining area of Nord-Pas-de-Calaisnote is a territory of the French region of Nord-Pas-de-Calais marked economically, socially, paysagèrement, ecologically and culturally by intensive coal mining, dated Stéphanien presents in the basement of the late seventeenth century to the late twentieth century. This is the western portion of a deposit that extends beyond the Franco-Belgian border.

Location

The mining area covers 200 km2 in 1 the Nord and the Pas-de-Calais, 9.5% of the area of the French region of Nord-Pas-de-Calais. It hosts the late 1980s a two hundred inhabitants one million miles, or 31% of the regional population. Hundred thousand kilometers of galleries and eight-one hundred to eighty-five well about was undertaken in three hundred years of history.

The nearest coal deposits are the coal basin of Boulogne to the west (sometimes combined), the Belgian coalfield northwest (continuity), the Saar and Lorraine coal basin in the southwest and the coalfields Littry and Le Plessis-Lastelle southwest.

Carte de la région Nord-Pas-de-Calais.Étendue du gisement houiller dans le Nord-Pas-de-Calais.

By Dosto [GFDL (http://www.gnu.org/copyleft/fdl.html) , via Wikimedia Commons

 

Histoire

Carte des puits du bassin du Boulonnais provenant de l'ouvrages d'Albert Olry de 1904. Cette carte recense une grande majorité des fosses de ce bassin.

Carte des puits du Boulonnais en 1904, d'après Albert Olry.

Les premiers affleurements de houille ont été découverts dans le Boulonnais vers 1660, la première fosse datée est celle du Cavrel de Tagny, commencée en 1692, et abandonnée l'année suivante. Dès lors, une multitude de petites fosses relativement éphémères sont ouvertes sur ce bassin du Boulonnais, étendu de quelques kilomètres carrés seulement, elles se comptent sur les doigts de la main au xxe siècle. La houille a donc été premièrement exploitée dans l'actuel département du Pas-de-Calais. C'est à la fin des années 1710 que des recherches de houille débutent dans l'actuel département duNord : en 1716Nicolas Desaubois s'associe avec Jean-Jacques Desandrouin et son frère Jean-Pierre Desandrouin,Jacques Richard et Pierre Taffin. Ils ouvrent sans succès quelques fosses rapidement inondées, avant qu'une veine de houille d'environ quatre pieds d'épaisseur ne soit atteinte à la fosse Jeanne Colard le , cette fosse est elle-même inondée à la fin de l'année, et n'a pas pu être réparée, mais il est désormais acquis qu'il y a du charbon à Fresnes-sur-Escaut. Les ouvertures de puits se succèdent, mais le succès n'est présent qu'à partir du , date à laquelle la houille grasse est découverte à la fosse du Pavé à Anzin. Des procès se déroulent ensuite quant à la distribution des richesses, mais Emmanuel de Croÿ-Solre parvient à faire s'associer les différentes personnes le , pourfonder la Compagnie des mines d'Anzin. Cette compagnie prend rapidement beaucoup d'ampleur. En parallèle, des sociétés de recherche naissent durant tout le xviiie siècle, mais les travaux les plus notables sont effectués par la Compagnie des mines d'Aniche, qui découvre la houille dans cette commune dans la nuit du 11 au 12 septembre 1778, à la fosse Sainte-Catherine - Saint-Mathias.

Carte postale noir et blanc de bâtiments industriels en briques surmontés d'une tour en bois.

La Fosse Saint-Mathieu.

Le début du xixe siècle est surtout marqué par des avancées technologiques, dont la machine à vapeur, qui permet de faciliter l'extraction. Des progrès sont également réalisés dans l'épuisement des eaux. La Compagnie des mines d'Anzin découvre à la fin des années 1820 un gisement à Denain. Les années 1830 et le début des années 1840 sont marqués par la révolution industrielle, les nouvelles industries ont un besoin énorme en charbon, ce qui créé dans le Nord une période decherté des houilles, et la création d'un grand nombre de sociétés de recherches qui effectuent des sondages, voire des puits, à l'extérieur des concessions déjà attribuées, à la suite du succès de la Compagnie des mines de Douchy à Lourches, qui après avoir ouvert la fosse Saint-Mathieu et d'autres fosses, s'est retrouvée en quelques années déjà bénéficiaire. Parmi toutes ces petites sociétés, la quasi-intégralité d'entre elles a disparu, mais d'autres se sont développées, à l'instar de laCompagnie des mines de Vicoigne, de la Compagnie des mines de Thivencelle et de la Compagnie des mines d'Azincourt. Des actionnaires se sont rendus maîtres de la Compagnie des mines d'Aniche en , ils entreprennent plusieurs sondages, dont un à Somain révèle la présence de houille. Ils commencent alors immédiatement la fosse La Renaissance qui extrait avec succès en 1841. Cette fosse permet à la compagnie d'ouvrir d'autres fosses et de se développer considérablement jusqu'à devenir une des principales compagnies françaises.

Ces recherches ont également été menées vers le Pas-de-Calais. En 1841, Henriette de Clercq fait forer un puits artésien dans le parc de son château à Oignies, celui-ci est poussé plus profondément que prévu, et démontre ainsi la présence de houille, toutefois, les résultats restent confidentiels durant quelques années. Elle s'associe alors avec Louis-Georges Mulot, et fonde une société qui devient la Compagnie des mines de Dourges. D'autre part, Eugène Soyez effectue un sondage au hameau de l'Escarpelle, à Roost-Warendin, le 13 juin 1846, et y découvre la houille. Une première fosse est alors commencée en 1847 près de la Scarpe et mise en service trois ans plus tard. Très rapidement, d'autres sociétés se mettent à faire des sondages, et un certain nombre commencent également à foncer des puits. C'est ainsi qu'au début des années 1850 naissent les compagnies minières de CourrièresLensBéthuneNœuxBruayMarlesFerfayAuchy-au-Bois etFléchinelle. Ces compagnies se voient attribuer des concessions établies en bandes parallèles sur un axe nord-sud. À partir de la seconde moitié des années 1850, des sociétés viennent s'établir au nord et au sud de ces concessions, non sans quelques procès. Il s'agit des compagnies minières d'OstricourtCarvinMeurchin,DouvrinLiévinVendinCauchy-à-la-Tour...

Dès lors, le bassin minier se développe de manière exponentielle. Les ouvertures de fosses se succèdent, les terrils prennent de la hauteur. C'est également à cette période que les cités minières et les corons apparaissent, afin de loger un nombre toujours plus important d'ouvriers. Cette progression se déroule durant toute la seconde moitié du xixe siècle et dans les années 1900. Quelques compagnies, DrocourtMarlyFlines... apparaissent durant cette période. Cependant, propriété de familles lilloises, les gisements du bassin minier offrent de telles performances en Bourse de Lille que la recherche de plus-values l'emporte rapidement sur l'effort d'investissement. La Compagnie d'Anzin1re entreprise d'Europe (4 000 salariés) des années 1780, ne s'efface que très tard devant celles de LensCourrières,Vicoigne et Béthune. L'année 1906 est marquée par la Catastrophe de Courrières qui a eu lieu le 10 mars et a tué 1 099 personnes. De longues grèves ont suivi, et la sécurité dans les mines a été améliorée.

Destruction des mines (photo allemande ; entre 1914 et 1918, une tour métallique effondrée dans une ruine de brique

Les ruines de la fosse n° 4 des mines de Lens.

Le bassin minier est touché de plein fouet par la Première Guerre mondiale : tout ce qui se trouve dans les environs de Lenset à l'est est littéralement rayé de la carte. De nombreuses batailles ont eu lieu dans le bassin minier, car le charbon est une ressource cruciale. La reconstruction dure jusqu'au milieu des années 1920. Les fosses et les cités sont reconstruites selon une architecture propre à chaque compagnie. Cette période est marquée par l'arrivée des Polonais et des Italiens, bien que d'autres nationalités soient également présentes. Le début des années 1930 est marqué par les effets du Krach de 1929, un certain ralentissement économique, et l'arrivée du Front populaire au pouvoir en 1936. La Seconde Guerre mondialecommence en 1939, et le bassin minier se retrouve très vite occupé. Les mineurs résistent alors à l'occupant, que ce soit par un ralentissement de la production ou par des sabotages réguliers. Certains en ont même payé de leur vie. Plus des deux tiers des mineurs du bassin se mettent en grève en juin 1941.

La fosse n° 10 du Groupe d'Oignies, ouverte en 1961 est un exemple de la concentration de l'extraction.

Après le retrait de l'occupant, les compagnies sont nationalisées. Une procédure commencée en 1944 qui se termine le  avec la création deCharbonnages de France. Les Houillères du bassin du Nord et du Pas-de-Calais sont initialement subdivisées en huit groupes, certains fusionnent ensuite. Un vaste programme de construction de logements et de modernisation des installations est alors entrepris dès la fin des années 1940 jusqu'à la fin des années 1950. L'extraction est alors regroupée sur des sièges de concentration, autour desquels sont conservées des fosses de service et d'aérage. La bataille du charbon a pour but de relever la France. La récession commence dès le début des années 1960, avec l'adoption du plan Jeanneney. Les fosses les moins rentables sont peu à peu fermées, ou arrêtées à l'extraction et concentrées sur d'autres sièges. De nombreuses grèves éclatent dans le bassin minier, les mineurs comprenant vite qu'ils vont se retrouver au chômage. Petit à petit, les industries et les fosses ferment les unes à la suite des autres. En 1980, il ne reste plus que huit sièges de concentration (accompagnés d'une pléiade de fosses de service et/ou d'aérage) : le 19 de Lens, le 3 de Courrières, le 10 d'Oignies, le 9 de l'EscarpelleBarroisArenbergSabatier et Ledoux. Le Centre historique minier de Lewarde est ouvert au public en 1984. En 1990, ils ne subsiste plus que le 9 de l'Escarpelle et le 10 d'Oignies. Ces deux sièges ferment à la fin de l'année. La dernière gaillette est remontée dans ce second siège à la fosse de service no 9 - 9 bis le . À peu d'exceptions près, les installations de surface sont systématiquement détruites, ainsi que de nombreuses cités. Un grand nombre de terrils a déjà été exploité depuis 1969.

Logo officiel de l'inscription.

Si les années 1990 sont marquées par une volonté d'effacer toutes les traces du passé, les années 2000 sont quant à elles marquées par une prise de conscience sur l'intérêt du patrimoine bâti et naturel. Depuis 2003, Bassin Minier Uni, la Mission Bassin Minier et La Chaîne des Terrils préparent un dossier en vue de classer le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais au patrimoine mondial de l'Unesco. Ce dossier sera examiné du 24 juin au 6 juillet 2012 à Saint-Pétersbourg (en Russie). En ce sens, de nombreux vestiges avaient été classés ou inscrits aux monuments historiques en 2009 et 2010. Le samedi 30 juin 2012, 353 éléments répartis sur 109 sites sont classés au patrimoine mondial de l'Unesco.

History

The first coal outcrops were discovered in Boulogne 1660, the first dated grave is that of Cavrel of Tagny, begun in 1692 and abandoned the following year. Therefore, a multitude of small relatively ephemeral pools are open on the basin of Boulogne, extended a few square kilometers, they counted on the fingers of the hand in the twentieth century. Coal has been first exploited in the current department of Pas-de-Calais. It's in the late 1710s as coal research began in the current Dunord department: in 1716, Nicolas Desaubois partners with Jean-Jacques Desandrouin and his brother Jean-Pierre Desandrouin, Jacques Richard and Peter Taffin. They open without some success quickly flooded pits before a coal seam about four feet in thickness is reached at the Jeanne Collard pit February 3, 1720, the pit itself is flooded at the end of the year and could not be repaired, but it is now accepted that there is coal in Fresnes-sur-Escaut. Well openings succeed, but success is not this that from June 24, 1734, when bituminous coal was discovered in the pit Pavé Anzin. Trial then taking place as to the distribution of wealth, but Emmanuel de Croy-Solre manages to associate different people November 19, 1757, the Company pourfonder mines of Anzin. This company quickly takes great extent. In parallel, research companies are born throughout the eighteenth century, but the most notable works are carried out by the Company mines Aniche who discovers coal in this town on the night of 11 to 12 September 1778, the pit St. Catherine - Saint-Mathias.


The early nineteenth century is especially marked by technological advances, including the steam engine, which facilitates extraction. Progress is also being made in water depletion. The Anzin Mining Company discovered in the late 1820s a deposit at Denain. The 1830s and early 1840s were marked by the industrial revolution, new industries have a huge need for coal, which created the North decherté a period of coals, and the creation of a large number of research firms who conduct polls, even well outside existing concessions, following the success of 

Douchy mining Company in Lourches, which after opening the Saint-Mathieu pit and other pits, s' is found in a few years already qualified. Among all these small companies, almost all of them disappeared, others have developed, like thecompany Vicoigne of mines, the Thivencelle Mining Company and the Mining Company Agincourt. Shareholders have seized control of the mines Aniche Company in January 1839, they undertook several surveys, including one in Somain reveals the presence of coal. They then begin immediately pit the Renaissance who successfully extracted in 1841. This pit allows the company to open other graves and grow considerably to become one of the major French companies.

This research has also been conducted to the Pas-de-Calais. In 1841, Henriette de Clercq drill an artesian well in the park of his castle in Oignies, it is pushed deeper than expected, and thus demonstrates the presence of coal, however, the results remain confidential for several years. She then teamed up with Louis-Georges Mulot, and founded a company into the Mining Company Dourges. On the other hand, Eugene Be conducting a survey in the hamlet of Escarpelle in Roost-Warendin, June 13, 1846, and discovered coal. A first trench is then begun in 1847 near the Scarpe and commissioned three years later. Very quickly, other companies start doing surveys, and some are also beginning to sink wells. Thus in the early 1850s are born mining companies to Courrières, Lens, Bethune Nœux Bruay Marles, Ferfay, Auchy-au-Bois etFléchinelle. These companies are awarded concessions laid in parallel strips on a north-south axis. From the second half of 1850, companies are resettled to the north and south of these concessions, not without trial. These mining companies Ostricourt, Carvin, Meurchin, Douvrin, Lievin, Vendin, Cauchy-à-la-Tour ...

Therefore, the mining area grows exponentially. pits openings succeed, slag heaps are height. It was also at this time that the mining towns and settlements appear to accommodate a growing number of workers. This growth takes place throughout the second half of the nineteenth century and in the 1900s Some companies, Drocourt, Marly ... Flines appear during this period. However, ownership of Lille families, the deposits of the mining area offer such performance in Exchange Lille that seeking gains quickly outweighs the investment effort. The Anzin Company, 1st company in Europe (4000 employees) 1780s fades away very late before those of Lens, Courrières, Vicoigne and Bethune. The year 1906 is marked by the courrières mine disaster that took place on March 10 and killed 1,099 people. Long strikes followed, and mine safety was improved.


The mining area is hit hard by the First World War: everything is in the vicinity of Lenset east is literally wiped off the map. Many battles took place in the mining area, because coal is a crucial resource. The reconstruction lasted until the mid 1920. The pits and cities are rebuilt according to its own architecture to each company. This period was marked by the arrival of Poles and Italians, although other nationalities are also present. The early 1930s was marked by the effects of the Crash of 1929, some economic downturn, and the arrival of the Popular Front to power in 1936. The mondialecommence War in 1939 and the mining area is found quickly occupied. The miners then resist the occupier, whether by a production slowdown or by regular sabotage. Some even paid with their lives. More than two thirds of minors basin went on strike in June 1941.

After the withdrawal of the occupier, companies are nationalized. A process begun in 1944 which ended May 17, 1946 with the creation deCharbonnages France. The collieries of Northern Basin Pas-de-Calais are initially divided into eight groups, some then fuse. A vast housing construction and modernization of facilities is then undertaken in the late 1940s to the late 1950s Extraction is then combined on concentration seats, around which are retained service pits and ventilation. The battle Coal aims to raise France. The recession began in the early 1960s with the adoption of the Jeanneney plan.

The least profitable pits are gradually closed, or stopped in the extraction and concentrated on other seats. Numerous strikes broke out in the mining area, including minors soon they will be unemployed. Gradually, industries and pits close to one after the other. In 1980, there are no more than eight seats concentration (along with a host of service pits and / or ventilation): 19 Lens on 3 Courrieres, 10 Oignies 9 of 'Escarpelle, Barrois, Arenberg, Sabatier and Ledoux. The Lewarde Mining History Center is open to the public in 1984. In 1990, it remains only 9 of Escarpelle and 10 of Oignies. These two seats close to the end of the year. Last Gaillette is raised in this second seat to the service pit No. 9-9 bis 21 December 1990. With few exceptions, the surface facilities are being systematically destroyed, and many cities. Many dumps has been operated since 1969.

If the 1990s were marked by a desire to erase all traces of the past, the 2000s are for their marked by an awareness of the interest of the natural and built heritage. Since 2003 Mining Basin Kingdom, Mission Coalfield and The Slag Heap Chain prepare a folder to classify the mining area of ​​Nord-Pas-de-Calais World Heritage of Unesco. This case will be examined from June 24 to July 6, 2012 in St. Petersburg (Russia). In this sense, many remains were classified or registered historical monuments in 2009 and 2010. On Saturday 30 June 2012, 353 members spread over 109 sites are classified as World Heritage by UNESCO.

Date de dernière mise à jour : 24/07/2016

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